Lundi 3 août 2009
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Parmi tous ces films que l'on va voir, bons ou moins bons, divertissants pour la plupart, je recherche
particulièrement le film dont on ne ressort pas indemne. Extrêmement rare. Je dirais en moyenne moins d'un film par an, 2 ou 3 pour les grandes années. Hier donc, Bronson. Il était
temps.
Michael Peterson est né en 1952.
En 1974, alors âgé de 19 ans, il est condamné à 7 ans de prison pour un vol à main armée qui tourne
court – vol au cours duquel personne n’est blessé. Son butin se monte à 26,18 £.
En prison, sa violence répétée contre gardiens et codétenus va en faire le prisonnier le plus
dangereux et le plus médiatique d'Angleterre, sans qu'il n'ait jamais tué personne.
Libéré 2 fois entre 1988 et 1992, il connaît en tout 4 mois de liberté. Lors d'une de ces rares
périodes, l’organisateur de ses combats lui donne son nouveau patronyme : Charles Bronson qu'il adopte alors comme nom de guerre.
À ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en isolement cellulaire.
Depuis 1999, il n’a plus le droit de se mêler aux autres prisonniers (il est incarcéré avec 5 autres
détenus à la prison royale HMP Hull).
En 2000, il est condamné à la réclusion à perpétuité. Il a été l’objet de violences physiques et
psychologiques tout au long de ses années de détention.
Depuis sept ans, il n’a plus de comportement violent. Il a été diagnostiqué sain
d’esprit.
Bronson s’impose un entraînement physique intensif et effectue quelques 2500 pompes par
jour.
En 2002, il publie Solitary Fitness, qui décrit son entraînement physique individuel dans des
conditions difficiles et dans un espace extrêmement confiné.
Il se consacre à l’art depuis dix ans. Ses œuvres ont été exposées dans le monde entier. Il a remporté
11 Koestler Awards pour ses poèmes et ses créations artistiques. Il a publié 11 ouvrages.
Bronson est toujours prisonnier de «catégorie A» et incarcéré en isolement cellulaire au Quartier de
Haute Sécurité de la prison de Wakefield.
La seule chose qui intéressait Michael Peterson c’était devenir célèbre. Un précurseur quand on y pense. De
nos jours, vouloir devenir célèbre c’est quand même faire preuve d’une grande banalité. Seulement voilà, chanteur médiocre, acteur minable, mauvais gangster, c’est en prison qu’il ira lancer sa
renommer, avec ses poings.
C’est rien de le dire, ce film fait mal, et pour cause. Raconter la vie du prisonnier le plus violent
d'Angleterre. Nicolas Winding Refn relève le défi et le gagne haut la main. Et quand il frappe c'est à l'estomac. Des enchaînements de plans impeccables soutenus par un bel éventail de musiques
classiques (Verdi, Strauss, Puccini, Wagner). Un acteur principal, Tom Hardy qui joue son rôle à la perfection. Et l’explosion du mémorable morceau des Pet Shop Boys au beau milieu d’une fête à
l’hôpital psychiatrique. Je m’incline ou plutôt je m’effondre.
"Cela m'a sauté aux yeux lorsque nous avons tourné la scène finale, et je me suis demandé pourquoi il
faisait ce qu'il faisait, et j'étais incapable de répondre à cette question. Alors, je me suis dit qu'il voulait quelque chose, qu'il voulait de la musique, qu'il a des émotions auxquelles il
souhaite donner forme, et qu'il lui faut une toile pour y parvenir. Bronson est avant tout un artiste dont je venais d’achever le portrait".
Allez voir ce film… ou je vous tape !
http://www.bronson-lefilm.com/
http://www.bronsonloonyology.com/